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Prévention des cancers, des maladies cérébro et cardio-vasculaires et des effets néfastes (alcoolisme, tabagisme…) des drogues licites

 

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La prÉvention de la  fatigue dans la vie “courante”

 

 

La fatigue : une sensation désagréable et un symptôme précieux

 

Un sondage IPSOS de janvier 2000 auprès de 1000 personnes apporte les précisions suivantes quant à la fatigue accusée par les Français :

 

- près d’un Français sur deux a connu un épisode prolongé de fatigue pendant les douze derniers mois

- toutes les classes d’âge sont touchées : les femmes sont  néanmoins plus atteintes que les hommes  et les adultes jeunes plus que les seniors

- cette fatigue à la fois physique, psychique et intellectuelle et dont le degré augmente avec l’activité familiale, professionnelle, sportive...  se traduit par différents symptomes :

            . humeur maussade,

            . baisse de motivation et de dynamisme,

            . défauts d’attention et de mémoire,

            . perturbation du sommeil,

            . courbatures...

 

Cette fatigue relève de deux catégories de causes. Il s’agit :

            - dans 27% des cas, d’une maladie quelconque, d’une perturbation mentale ou d’un accident

            - dans 73% des cas, des événements banals de la vie :

                        - soucis familiaux et professionnels

                        - activité physique et intellectuelle

                        - événement important tel que décès, accident d’un proche

                        - perturbations du sommeil

                                                          

Ce sont ces derniers cas qui seuls nous intéressent ici

 

Cette fatigue courante a été traitée dans près de la moitié des cas par des médicaments

Ces médicaments appartiennent à plusieurs catégories :

            - les psychotropes : tranquillisants, antidépresseurs, psychostimulants...

            - les anabolisants,

            - les “fortifiants”,

            - les vitamines, les oligo-éléments, les sels minéraux...

 

- dans 85% des cas : ils ont été  prescrits par un médecin,

- dans 5% des cas : ils ont été conseillés par un pharmacien,

- dans 10% des cas : ils ont été utilisés à la propre initiative du sujet.

 

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Qu’est-ce que cette fatigue  à laquelle chaque individu est confronté à tout instant au cours de sa vie  ?

 

Par ce terme on désigne essentiellement une sensation  désagréable qui peut être schématiquement de deux types :

-  d’ordre psychique : se traduisant par le baillement, l’envie de dormir ou de ne rien faire, la perte de dynamisme,

- d’ordre physique : se manifestant par une pesanteur des membres, une tension, une douleur...

mais cette sensation désagréable que perçoit l’individu “normal” ne représente pas un “mal” : c’est un symptôme destiné à avertir  que l’organisme est le siège d’un dysfonctionnement souvent occulte, d’une perturbation sournoise, dont il y a lieu de tenir compte.

 

Après quelques heures d’une activité quelconque, professionnelle par exemple, il est normal qu’une certaine sensation de fatigue soit perçue et, réciproquement, il est anormal de ne pas la percevoir. La fatigue est un signe que la nature a mis à notre disposition, signe destiné à être enregistré pour indiquer à l’individu que son organisme “souffre” et l’inviter à” réparer sa machine” avant le temps des dégâts irréversibles.

 

La fatigue est à l’activité ce qu’est, par exemple, la douleur de la peau soumise à une “agression” par la chaleur, le froid, la piqûre : c’est un avertisseur, un “voyant”, un garde-fou, bref un précieux moyen de défense de l’organisme contre l’”usure”.

 

Cette perception est bien entendu fonction de la qualité du système nerveux (c’est à dire des structures cérébrales portant les fonctions nerveuses supérieures et des nerfs qui transmettent les sensations).

 

Le simple vieillissement détériore lentement le système neuro-psychique et réduit sa valeur fonctionnelle mais, en pratique courante, les altérations de ce système délicat et fragile sont le plus souvent le fait des individus eux-mêmes par l’usage qu’ils font de produits qui modifient (et donc perturbent) son fonctionnement normal. Ce sont les produits dits “psychotropes”, produits

            - qui “dopent”,

            - qui tranquillisent (et suppriment l’anxiété normale),

            - qui anesthésient (comme l’alcool),                    

            - qui excitent (comme le café),

            - qui perturbent gravement le système nerveux neuro-végétatif (comme la nicotine),

            - qui font dormir (comme tous les somnifères).

 

C’est dire qu’utiliser des produits médicamenteux en cas de fatigue courante constitue une double erreur :

 

1ère erreur

Elle est relative à l’action directe des médicaments :

- certains produits, qui sont des toxiques plus ou moins puissants pour le système nerveux central, suppriment la sensation de fatigue en tant que signe avertisseur d’une très grande importance,

- d’autres constituent une surcharge néfaste à l’organisme,

- les autres enfin, qui sont superflus, constituent une dépense inutile (car, hors d’une alimentation déficiente et d’une maladie caractérisée, il n’y a guère de carence justifiant un quelconque apport supplémentaire).

 

2ème erreur

L’utilisation de produits médicamenteux fait souvent négliger par l’individu le seul et vrai traitement de sa  fatigue : une modification de son genre de vie.

Cette modification va consister à :

 

1 - réduire si possible l’activité fatigante en sachant que la plus pénible, dans un pays comme la France où le travail musculaire a régressé notablement,  est celle :

            . qui ne comporte aucune dépense énergétique et musculaire,

            . qui nécessite une vigilance de tous les instants,

            . qui, du fait de la répétition de gestes simples, est inintéressante.

 

2 - réduire et la sensation désagréable et les conséquences de cette fatigue :

. en “jouant”, d’une part sur l’activité physique (notamment sportive), d’autre part sur l’activité intellectuelle, chacune étant utile par elle-même et réduisant les conséquences pénibles et néfastes occasionnées par l’autre,           

. en traitant quotidiennement la fatigue, à l’aide de moyens simples, rapides, peu onéreux, à la portée de tous,  mis en œuvre à domicile tels que la relaxation, un meilleur sommeil  (éventuellement une sieste), une balnéothérapie...

 

En ce qui concerne le sommeil, domaine souvent négligé, disons schématiquement qu'un bon sommeil suppose quelques règles minima qui sont les suivantes :

- celles qui sont relatives à l'ambiance : une bonne aération, une température basse, un degré hygrométrique satisfaisant. En pratique, ces données essentielles supposent généralement que le chauffage soit exclu de la chambre à coucher ;

- celles qui sont relatives au comportement personnel :

            . ne pas utiliser de somnifères (sauf raison impérieuse relevant d'un état pathologique grave), de tabac (la nicotine perturbe toujours le système neuro-végétatif directement en cause dans le sommeil), peu ou pas de boissons alcooliques (l'alcool est avant tout un anesthésique),

            . faire précéder le coucher d’une douche ou d’un bain, d’une activité psychique (lecture...) ou/et  d’une activité physique modérée,

            . ne pas rester en position allongée et dans l'obscurité en cas d’insomnie prolongée dans un contexte dépressif ou anxieux (cette position est toujours défavorable quand il s'agit d'affronter une situation pénible).

 

Quant à l’hydrothérapie  elle a une double fonction : réaliser une balnéothérapie et assurer une hygiène corporelle rigoureuse.

Outre l'utilisation large de l'eau alimentaire, la pratique quotidienne de la douche et/ou du bain et l'obtention d'une excellente hygiène corporelle constituent pour un individu, d'une part la base d'une prise en charge pour un meilleur équilibre, d'autre part un moyen extrêmement efficace pour réduire la fatigue musculaire et nerveuse, pour promouvoir la détente et la relaxation, pour apporter une sensation de bien-être, pour soutenir ou récupérer une énergie défaillante, pour lutter contre le laisser-aller et l'état dépressif.

Cette donnée est très importante dans bien des circonstances mais elle l'est particulièrement chez les personnes fatiguées, stressées, fragilisées physiquement et psychiquement.

 

3 - privilégier une alimentation où sont largement présents eau, céréales, légumes et fruits,

4 -  éviter les principaux toxiques sociaux que sont les boissons alcooliques, le tabac et le café,

 

5 - savoir aussi que tout individu a de grandes capacités de récupération, d’imagination et d’adaptation et qu’il peut (sans négliger néanmoins le niveau “moyen” de ses semblables) repousser notablement ses limites personnelles par l’activité, l’entraînement progressif et bien sûr par l’effort prolongé que cela suppose.

 

 

En résumé :

 

- la prévention et le traitement de la fatigue courante doivent être envisagés au quotidien (et non en fin de semaine ou pendant les vacances),

 

- la plupart des individus possèdent en eux-mêmes les ressources physiques et intellectuelles pour dominer avec succès la fatigue inhérente à la vie courante sans faire appel à des moyens sophistiqués ou à une béquille médicamenteuse avec ses obligatoires et fâcheuses conséquences,

 

- seule la fatigue relevant d’un état pathologique caractérisé relève de ces méthodes.                

 

---------------------------------------------------------------------Dr A. Gaillard – Médecin honoraire du CHU de Nantes – juillet 2009