Vous êtes sur le site du Dr A. Gaillard consacré à la :

Prévention des cancers, des maladies cérébro et cardio-vasculaires et des effets néfastes (alcoolisme, tabagisme…) des drogues licites

Pour revenir au sommaire cliquez ici

Le texte qui suit peut être imprimé : il comporte 19  pages A4

___________________________________________________________________________

LA PRÉVENTION

des MALADIES CÉRÉBRO et CARDIO-VASCULAIRES

 

 

Particulièrement graves et fréquentes, les maladies cérébro et cardio-vasculaires sont dues à une atteinte des vaisseaux. Le plus souvent il s’agit d’une atteinte des artères ; les veines sont assez rarement en cause.

 

SOMMAIRE

 

I - L'atteinte des artères à la base de ces maladies est liée à deux phénomènes associés : l’hypertension  et l'athérosclérose

 

 II - Les principales localisations des maladies artérielles et les maladies qui en résultent

 

 III - Les causes des maladies artérielles.        

- le tabac

            - les facteurs alimentaires

            - l'obésité

            - la sédentarité

            - le stress

            - le sexe

            - l'âge

            - l'hérédité

            - le diabète

 

 IV - L'alimentation et les maladies artérielles

            - les nutriments : glucides, protides, lipides

            - les éléments non nutritifs mais indispensables

            - les éléments non nutritifs mais utiles : les fibres

            - les substances antioxydantes de protection

            - les boissons alcooliques et leur action sur les artères

 

 V - Les mesures pratiques concernant la prévention du risque artériel

- ne pas fumer et les principes du sevrage

            - les données concernant l’alimentation

            - les modes de cuisson et de préparation des aliments

            - l’activité physique

            - la gestion de la fatigue et du stress

- la mise en garde contre certains produits médicamenteux ou alimentaires                  

- l’utilisation éventuelle de médicaments

 

VI - Le dépistage et la surveillance des atteintes vasculaires

 

Conclusion  

 

 

 

I - L'ATTEINTE DES ARTÈRES À L'ORIGINE DE CES MALADIES RÉSULTE DE DEUX PHÉNOMENES INTIMEMENT LIÉS ET ASSOCIÉS :

- l'hypertension

- l'athérosclérose

 

L'HYPERTENSION ARTÉRIELLE

 

L'hypertension artérielle correspond à une pression trop élevée du sang dans les artères. Comme on le sait, cette pression se définit par deux chiffres :

- la pression systolique : la plus élevée - au moment où le cœur propulse le sang dans les artères ;

- la pression diastolique : la plus basse - au moment où le cœur se relâche et se remplit du sang provenant du système circulatoire.

 

L'Organisation Mondiale de la Santé a établi une classification des niveaux de pression sanguine. Cette classification permet de définir d'une part la tension « normale » , d'autre part l'hypertension.

 

_________________________________________________________________                                       

Classification

Pression systolique               Pression diastolique

    (en mm Hg)                                (en mm Hg)

                                                                                              

_________________________________________________________________

Tension « normale »

     Optimale                           < 120                                      < 80

     Normale                            < 130                                      < 85

     Normale haute                 130-139                                  85-89

_________________________________________________________________

Hypertension (HTA)

     Grade I                             140-159                                  90-99

     Grade II                            160-179                                  100-109

     Grade III                          > 180                                      > 110

_________________________________________________________________

 

Bien entendu, il existe entre la zone de normalité et la zone manifestement anormale une zone intermédiaire dite « limite » où le risque vasculaire est variable

 

La pression artérielle varie en fonction de l'activité. Elle augmente aussi avec l'âge. L'hypertension peut se constater à tous les âges de la vie y compris dans l'enfance.

 

 

La pression artérielle pulsée

Le concept de pression pulsée, apparu il y a quelques années, se révèle aujourd’hui être un bon facteur prédictif du risque cardio et cérébro-vasculaire. Il est particulièrement opérant chez les personnes âgées.

La pression artérielle pulsée est définie comme la différence entre la pression artérielle systolique (PAS) et la pression artérielle diastolique (PAD). Son augmentation est une forme d’hypertension artérielle due très souvent à la rigidité des gros troncs artériels s’observant particulièrement chez les sujets âgés.

Une valeur de PP inférieure à 55 mm Hg semble être associée à un risque vasculaire réduit 

Une valeur de PP supérieure à 75 mm Hg  (ou à 65 mm Hg dans certaines études) semble être associé à un risque vasculaire notable (même si les valeurs de PAS ou de PAD sont normales).

 

 

L'ATHÉROSCLÉROSE

 

Il s'agit d'une lésion des artères (surtout des artères de gros et de moyen calibres) consistant en une accumulation lente sur leur paroi interne (l'intima) de dépôts composés de produits divers transportés par le sang, en provenance notamment de l'alimentation et de la respiration.

 

(à noter que le mot « athérosclérose » a remplacé depuis un certain temps celui d'«artériosclérose »).

Ces dépôts (graisseux, sanguins et calcaires...) forment des plaques entraînant diverses conséquences et complications :

 

- un rétrécissement du calibre interne de l'artère.

Avec le temps, les plaques augmentent en étendue et en épaisseur. Ce phénomène peut conduire lentement, mais parfois brutalement, à l'obstruction complète du vaisseau avec sa grave conséquence, la mortification d'un secteur tissulaire dépourvu de sang. L'organe intéressé est ainsi l'objet d'une véritable mutilation plus ou moins sévère en fonction de l'étendue et du siège de l'obstruction.

 

- une rigidification de la paroi artérielle (d'où le terme de sclérose)

L'élasticité est une qualité essentielle de la paroi des artères. Elle est destinée à amortir les chocs répétés du pouls sur cette paroi et à la protéger de l'usure mécanique. Le durcissement qui se produit entraîne de plus une augmentation de la pression sanguine, phénomène qui, à son tour, accélère la détérioration de l'artère. À la limite, il peut survenir une rupture de la paroi et donc une hémorragie toujours grave, voire mortelle quand elle a lieu, par exemple, dans le cerveau - ce qui est particulièrement fréquent.

 

- une fissuration des plaques, voire une fragmentation avec embolies à distance.

Ces embolies - notamment dans le cerveau et les membres inférieurs - sont un facteur majeur d'accidents cliniques.

 

 …………………………………………….. pour revenir au sommaire cliquez ici

 

 

 

II - LES PRINCIPALES LOCALISATIONS DES ATTEINTES ARTÉRIELLES

ET LES MALADIES QUI EN RÉSULTENT

 

Toutes les artères peuvent être atteintes mais celles qui le sont le plus fréquemment, et avec des conséquences particulièrement graves, sont :

 

-1- les artères du cerveau

L’atteinte de ces artères peut entraîner :

- une régression lente et insidieuse des facultés mentales.

En évaluant les capacités d'attention, de concentration, d'orientation, d'abstraction, ainsi que la mémoire à court et long terme, le langage, et le jugement, une étude américaine menée de 1965 à 1995 chez plus de 8000 sujets a permis de bien juger de l'impact de la tension artérielle sur le cerveau. Selon cette étude, chaque fois qu'à l'âge moyen de la vie (c'est-à-dire vers 40 ans) la tension systolique croît de 1cm de mercure, le risque ultérieur de troubles des fonctions cérébrales augmente d'environ 5 %.

 

Cette régression des facultés mentales peut revêtir, bien entendu, tous les degrés. Schématiquement elle peut être légère ou grave. Dans ce dernier cas, on parle de démence. D'après des études très récentes, plus de 6 % des sujets de plus de 55 ans souffrent d'une détérioration mentale caractérisée. Cette proportion augmente avec l'âge pour atteindre 30 % à 80 ans et au-delà. Les facteurs vasculaires semblent ainsi avoir un rôle beaucoup plus important qu'on ne l'imaginait jusqu'ici dans la régression liée à l'âge des facultés mentales, y compris dans celle provoquée par la maladie d'Alzheimer. D'après une étude hollandaise, ces facteurs interviendraient même dans plus de 50 % des cas.

 

- des manifestations brutales désignées par les expressions : accident vasculaire cérébral (AVC) ou congestion cérébrale.

Parfois transitoires, elles sont le plus souvent définitives. Il peut s'agir alors, soit d'un «ramollissement » qui réalise, en fait, un infarctus (suivant le même processus que pour le cœur), soit d'une hémorragie par rupture d'une artère.

 

-2- les artères du cœur (artères coronaires)

Une atteinte de ces artères entraîne :

- soit ce que l'on appelle communément l'angine de poitrine due à une courte interruption de l'irrigation sanguine qui peut survenir soit au repos (en rapport avec un spasme), soit à l'occasion d'un effort. C’est souvent le premier signe d’alarme de la maladie coronaire.

- soit l'infarctus du myocarde lorsqu'une artère complètement obstruée ne permet plus l'arrivée du sang (et notamment celle de l'oxygène absolument nécessaire à la vie des cellules). Dans l'infarctus, il y a une zone de la paroi du cœur qui est mortifiée, qui ne vit plus.

 

-3- les artères des reins

Les reins sont des organes régulateurs de la tension artérielle mais ils peuvent aussi souffrir d'hypertension. On dit alors qu'ils sont « coupables et victimes ». La dégradation de leur fonction peut être très grave.

 

-4- les artères des jambes

Dans cette localisation on parle généralement d'artérite. Une obstruction partielle entraîne une difficulté à la marche, des douleurs... Si l'obstruction est complète il y mortification portant sur les extrémités et plus précisément sur les orteils. En l'absence de traitement cette nécrose se complique d'une gangrène par infection microbienne. Des amputations sont parfois nécessaires.

 

D'autres artères peuvent être atteintes mais avec une moindre fréquence. Ce sont surtout l'aorte et ses branches, les artères iliaques, les carotides...

 

 

 

 

 

 

 

…………………………………………….. pour revenir au sommaire cliquez ici

 

 

III - LES CAUSES DES MALADIES ARTÉRIELLES

 

Si dans quelques cas (qui se rencontrent le plus souvent chez l'enfant) on trouve une cause précise de l'atteinte artérielle (notamment une anomalie de certaines artères ou bien une tumeur secrétant des substances hypertensives...), dans la très grande majorité des cas (90 % chez les adultes), ce sont plusieurs facteurs dits « athérogènes », d'ordre héréditaire et acquis, et associés de façon variable suivant les personnes, qui sont en cause.

 

Les facteurs les plus importants par leur responsabilité et leur fréquence sont le tabac et les facteurs alimentaires.

Les autres sont constitués par : l'obésité, le diabète, la sédentarité, le stress, le sexe du sujet, l'âge, l'hérédité.

 

-1- LE TABAC

Le tabac (ou plus exactement la fumée de tabac) représente le facteur causal essentiel. Donnant lieu à la formation et au passage dans le sang de nombreux produits, entraînant une atteinte du système neuro-végétatif régulateur du tonus artériel, son action sur la paroi des artères est redoutable.

 

Il faut noter que toutes les fumées sont susceptibles d'avoir une action défavorable. Diverses études faites récemment à Londres, à Paris et à Lyon ont montré qu'en période de pollution urbaine particulièrement marquée, la mortalité cardio-vasculaire augmentait sensiblement. Cette pollution aérienne reste néanmoins insignifiante par rapport à celle du tabac.

 

-2- LES FACTEURS ALIMENTAIRES

Compte tenu de l'importance de l'alimentation un chapitre spécial (IV) lui est consacré

 

-3- L'OBÉSITÉ

L'obésité est un excès de masse grasse. (A noter que l'on peut peser lourd sur la balance tout en étant mince et musclé et, au contraire, avoir un poids acceptable et être « grassouillet »... C'est la répartition entre la masse maigre et la masse grasse qui compte).

 

Le poids théorique idéal peut s'apprécier schématiquement par l'une des formules suivantes :

 

- la formule de Lorentz : P (Kgs) = T (cm) - 100 - (T - 150)

                                                                                   coef   

 coefficient chez l'homme : 4 ; coefficient chez la femme : 2

 

- la formule de Vague : P (Kgs) = T (cm) - 105 (+ ou - 4)

 

- l'indice de masse corporelle (I.M.C.) ou index de corpulence.

Il représente le rapport entre le poids (exprimé en Kgs) et la taille (exprimée en mètres) au carré. Par exemple : 70 : (1,65)2 = 25,7

On parle d'obésité à partir de 27.

 

Le risque de l'obésité est indépendant de tous les autres (tabac, cholestérol...)

Mais, notion récente, le type d'obésité a une importance considérable dans le risque. La répartition des graisses de l'organisme est aussi importante que le surplus de poids.

Lorsque le tissu graisseux prédomine à l'abdomen et au thorax - c'est l'obésité de type androïde (ainsi nommée car elle est particulièrement fréquente chez les hommes) - le risque cardio-vasculaire et cérébral est nettement accru par rapport à l'obésité dite gynoïde (qui se voit surtout chez les femmes) où le tissu graisseux est surtout localisé au niveau des fesses et des cuisses.

 

Cette répartition des graisses se mesure par le rapport entre le tour de taille (mesuré au niveau de l'ombilic) et le tour de hanches (mesuré au niveau de la racine des cuisses).

- chez l'homme la normale est de 0,85 à 1 ; chez la femme la normale est de 0,65 à 0,85.

Des chiffres supérieurs définissent l'obésité de type androïde dangereuse.

 

-4- LE DIABÈTE

C'est un facteur important, surtout le diabète insulino-dépendant des sujets jeunes, où le processus d'atteinte artérielle est volontiers diffus.

Le diabète gras, par contre, semble jouer un rôle modeste.

 

-5- LA SÉDENTARITÉ ET LE MANQUE D'EXERCICE

Il est un principe important en physiologie : un organe inutilisé s'atrophie et perd progressivement de ses capacités. Les vaisseaux n'échappent pas à cette règle. L'activité physique entraîne normalement une élévation puis une baisse de la pression artérielle. Cette gymnastique artérielle entretient l'élasticité des parois et favorise le maintien d'une basse pression, élément capital pour le bon fonctionnement des organes, notamment du cœur et du cerveau.

 

-6- LE STRESS

Cette notion de stress désigne soit la réaction normale et physiologique de l'organisme soumis à une sollicitation de l'environnement, soit une réaction pathologique quand l'organisme est débordé.

 

Aujourd'hui le stress est devenu un concept galvaudé et extrêmement flou. Derrière ce mot se cachent plusieurs notions : l'agent stressant, les réactions diverses de l'organisme stressé, enfin les conséquences néfastes du phénomène.

 

Son mode d'action est complexe. Il semble intervenir d'une part sur les artères en perturbant le système neuro-végétatif (sur lequel la nicotine notamment se comporte comme un grand toxique), d'autre part en favorisant une mauvaise répartition des graisses, répartition de type androïde dont on a vu le pronostic défavorable.

 

De plus, il est souvent associé à d'autres facteurs athérogènes, notamment le tabac et une alimentation déséquilibrée.

 

-7- LE SEXE DU SUJET

Les atteintes artérielles (tout au moins celles qui concernent les artères coronaires) se manifestent plus précocément chez les hommes que chez les femmes car ces dernières sont relativement protégées par les estrogènes jusqu'à la ménopause (d'où la justification, dans cette perspective, du traitement hormonal substitutif prescrit à ce stade). Ensuite, le risque augmente pour égaler, voire dépasser le risque existant chez les hommes.

 

Quant à la pilule anticonceptionnelle, par les œstroprogestatifs qu'elle contient, elle peut comporter des risques notables du point de vue vasculaire, surtout s’il y a association avec le tabac. Les accidents sont rares mais, comme il s'agit le plus souvent d'infarctus du myocarde et d’accidents cérébraux survenant chez des femmes jeunes, ils sont toujours dramatiques.

 

-8- L'ÂGE ET LE VIEILLISSEMENT

Les lésions d'athérosclérose peuvent survenir précocement. Cette donnée est acquise depuis les années 50, où les Américains pratiquèrent des autopsies systématiques sur leurs soldats tués au combat lors de la guerre de Corée. Un très grand pourcentage de ces hommes de 20 à 25 ans présentaient déjà - à des degrés divers - ce type de lésions.

 

-9- L'HÉRÉDITÉ

Cet élément familial est souvent présent dans les atteintes artérielles. Divers gènes sont en cause, notamment pour l'hypercholestérolémie (excès de cholestérol sanguin) et l'hypertension. Il reste néanmoins que l'« environnement » et ses éléments de risques (sur lesquels on peut agir) sont statistiquement les plus importants : ils interviennent chez tous les individus à des degrés divers.

 

 …………………………………………….. pour revenir au sommaire cliquez ici

 

 

IV - L'ALIMENTATION

et les MALADIES ARTÉRIELLES

 

Comme chacun sait, les aliments sont destinés essentiellement à apporter le carburant à la machine humaine, permettre sa croissance et son entretien...

 

On distingue plusieurs groupes d'aliments :

- les aliments plastiques qui apportent les éléments indispensables à la constitution de l'organisme

- les aliments énergétiques qui apportent les carburants nécessaires

- les aliments protecteurs  qui apportent les « additifs » essentiels.

 

Les dépenses obligatoires de l'organisme.

Les dépenses minimales - métabolisme de base - mesurées à jeun et en état de repos musculaire et mental ont une valeur moyenne :

- de 1 600 Calories (Cal ou Kcal) par jour pour un homme de 70 Kg ;

- de 1 400 Calories pour une femme de 60 kg.

 

une calorie = 4,18 Kjoules (unité internationale).

 

Les dépenses variables.

Elles sont liées au travail musculaire (tonus, mouvements...), au travail digestif, intellectuel, à l'adaptation thermique et à certaines situations particulières (croissance, infection, grossesse...)

Elles représentent en moyenne la moitié des dépenses de base pour un individu d'activité modérée en climat tempéré (ex. pour le football : 400 Cal/heure).

 

Les aliments sont donc destinés avant tout à « couvrir des dépenses ». Bien entendu, il ne faut pas oublier que l'on mange aussi pour le plaisir.

 

LES NUTRIMENTS

 

Ce sont les composants élémentaires des aliments. Ils proviennent de la digestion de ces aliments et fournissent l'énergie et la matière indispensables à l'organisme.

Ce sont les glucides, les protides et les lipides.

 

-1- Les glucides ou hydrates de carbone

 

On distingue les glucides :

- simples (ou sucres simples) : glucose, fructose ;

- composés (ou sucres composés) : maltose, saccharose ;

- complexes : l'amidon des céréales et des tubercules, le glycogène du foie ou du muscle...

 

(On donne le nom de « sucres » à ceux qui, parmi eux, ont le goût sucré, c'est-à-dire aux deux premières catégories énumérées ci-dessus).

 

Ils apportent 4 Cal/g.

 

Le glucose est le « carburant » principal de l'organisme ; il est stocké en réserve (sous forme de glycogène) dans les muscles et le foie.

 

On a longtemps classé les glucides en deux catégories :

- « simples » ou « rapides » ou « mauvais » ;

- « complexes » ou « lents » ou « bons ».

Aujourd'hui, cette notion est dépassée. On parle de l'index glycémique. Cet index mesure la capacité à provoquer la sécrétion d'insuline (l'hormone pancréatique dont le manque est lié au diabète). Les glucides, en effet, font grossir essentiellement par leur capacité à faire sécréter cette hormone.

 

L'index glycémique est fonction :

- de la quantité de glucides ingérés. 20 ou 40 g de glucose induisent - après ingestion - une élévation à peu près semblable de la glycémie. Cette élévation se régule automatiquement. Tous les aliments glucidiques provoquent une glycémie comprise dans une fourchette de 1,00 à 1,40 g/l environ chez le sujet sain - mais la sécrétion d'insuline est multipliée par 2 lorsque l'apport de glucose est double.

- de leur composition (notamment en « fibres ») ;

- du poids du sujet. Ainsi, pour digérer 100 gr de pâtes de fruits :

. une personne très maigre a besoin de 10 Unités d'insuline,

. un sujet « normal » a besoin de 60 à 70 Unités,

. une personne qui pèse 5 kgs de trop a besoin d'une dose double d'insuline et va grossir,

. un obèse présente une sécrétion massive d'insuline et va accroître encore sa surcharge graisseuse.

- de leur association avec les autres nutriments au cours d'un repas.

 

Valeurs de l'index glycémique.

En utilisant le glucose comme référence (avec un index glycémique de 100 %) on peut ainsi classer quelques aliments suivant le tableau suivant :

 

            Glucides à index élevé                                             Glucides à index bas

            (« mauvais » glucides)                                                    (« bons » glucides)

 

malt                                      110                                pain complet au son                 50

glucose                                 100                                riz complet                               50

pommes de terre au four          95                               petits pois                                50

pain très blanc                         95                               céréales compl. (sans sucre)     50

purée de pommes de terre       90                               flocons d’avoine                      40

miel                                         90                               jus de fruits frais (sans sucre)    40

raisin                                       85                               pomme                                    40

carottes cuites                          85                               pain de seigle complet             40

sucre (saccharose)                   75                               pâtes complètes                       40

pain blanc                                70                               haricots rouges                         40

céréales raffinées sucrées         70                               pois secs                                 35

barre chocolatée                      70                               pain intégral                             35

pommes de terre bouillies         70                               laitages                                    35

biscuits                                     70                               haricots secs                            30

maïs                                        70                               lentilles                                    30

riz blanc                                   70                               pois chiches                             30

pain bis                                    65                               pâtes intégrales                        30

betterave                                 65                               fruits frais                                 30

banane                                    60                               marmelade fruits (sans sucre)   25

confiture                                  55                               chocolat noir (< 60 % cacao)   22

pâtes blanches                         55                               fructose                                   20

                                                                                  soja                                         15

                                                                                  légumes verts, tomates, champign.<15

On voit ainsi, contrairement à une idée reçue, que les sucres simples (le fructose des fruits par exemple) n'ont pas toujours un index glycémique élevé.

 

A noter aussi que les boissons sucrées, en général à base de fruits, sont le plus souvent très riches en sucres. Elles apportent de 400 Cal/l (citron) à 800 Cal/l (raisin), ce qui est considérable.

 

L'aspartam est un succédané du sucre qui n'apporte pratiquement pas de calories et qui, sauf exceptions, est parfaitement inoffensif.

 

-2- Les protéines (ou protides)

 

Ce sont les éléments constituant la charpente de toute matière vivante : des muscles, des organes : foie, cerveau..., de la trame des os.

Elles sont formées de corps plus simples, les acides aminés (certains sont fabriqués par l'organisme, mais d'autres doivent impérativement être apportés par l'alimentation : ce sont les acides aminés dits « essentiels »).

 

Les protéines apportent 4 Cal/gr.

 

Leur origine peut être :

. animale : viandes, poissons, fromages, oeufs, lait... (ce sont les plus riches, car elles contiennent une grande proportion d'acides aminés essentiels) ;

. végétale : légumes secs (lentilles, haricots, petits pois..), soja, riz, pâtes, amandes, noisettes, céréales complètes...

 

Elles sont indispensables, notamment pour la construction des structures cellulaires, la fabrication de certaines hormones, les processus d'immunité.

 

Les protéines ne sont cependant pas isolées dans les aliments : elles s'accompagnent obligatoirement de lipides en quantités et qualités très variables :

- un bifteck de 100 gr contient environ 15 g de lipides (15 % de son poids au minimum), soit une cuillerée à soupe de beurre ;

- une entrecôte en contient le double ;

- une côtelette de mouton équivaut à un demi-poulet (sans la peau).

 

C'est dire qu'il faut privilégier les aliments où les protéines sont associées à une faible quantité de lipides (légumes secs...) ou à de « bons » lipides (poissons gras...).

 

La consommation de protides doit représenter au moins 15 % de l'apport énergétique, apport qui doit être quotidien car il n'y a pas stockage.

 

-3- Les lipides (ou graisses)

 

Ce sont les nutriments constitutifs des corps gras : huiles et graisses. Leurs molécules complexes sont composées essentiellement de triglycérides formés de 3 acides gras. Ces éléments sont séparés par la digestion, absorbés dans l'intestin et reconstitués en graisses  destinées soit à être mises en réserve pour fournir de l'énergie, soit à développer et protéger divers organes.

 

Les lipides sont :

- soit d'origine animale : viande, poissons, beurre, crème... ;

- soit d'origine végétale : dans les huiles, les margarines...

 

Ils apportent 9 Cal/g.

 

On distingue (suivant leur formule chimique) deux catégories principales d'acides gras :

 

- les acides gras saturés

On les dit « saturés » car ils ne peuvent se lier à aucune autre molécule ; de ce fait ils sont stables à l'oxygène et à la chaleur.

. ils sont présents surtout dans les viandes, la charcuterie, les oeufs, les laitages...,

. plus un corps gras est riche en acides gras saturés, plus il est solide à la température ordinaire,

. ils favorisent l'excès de cholestérol total (du « mauvais » et du « bon ») et son accumulation dans les artères ;

 

- les acides gras insaturés

. contrairement aux précédents ils sont instables à l'air (ils rancissent) et à la chaleur,

. leur présence rend les corps gras fluides (huiles) ou "tartinables" (margarines),

. on les trouve principalement dans les huiles végétales, dans les margarines « molles » (car les margarines « dures » contiennent surtout des acides gras saturés), dans les graisses de poissons (sardines, thon, maquereau, saumon...) qui sont particulièrement recommandées du fait de leur richesse en certains acides gras. On a pu dire que le poisson était un aliment-médicament !

 

On distingue 2 catégories d'acides gras insaturés :

- les mono-insaturés (type acide oléique) : ils augmentent le « bon » cholestérol et diminuent le « mauvais » ;

- les poly-insaturés (dont les plus importants sont l'acide linoléique et l'acide linolénique).

. ces derniers sont d'une grande importance : on les dit « essentiels » car ils doivent impérativement être apportés par l'alimentation, l'organisme ne pouvant pas les fabriquer,

. ils abaissent le « mauvais » cholestérol mais, en excès, ils abaissent aussi le « bon »,

. ils participent particulièrement au maintien du système nerveux (le cerveau est très riche en graisse mais il ne la stocke pas) et à la protection du système cardio-vasculaire.

 

Ces trois sortes d'acides gras ont leur place dans l'alimentation car ils sont complémentaires. (Les saturés doivent seulement rester sous « haute surveillance »). La répartition recommandée est celle-ci :

- 1/4 d'acides gras saturés ;

- 1/4 d'acides gras poly-insaturés ;

- 1/2 d'acides gras mono-insaturés.

 

La composition en acides gras des graisses alimentaires est sensiblement la suivante :

 

                        Acides gras                Acides gras                            Acides gras

                        saturés                       monoinsaturés                       polyinsaturés

 

   VÉGÉTALES

 

olive                            15                               70                                           15

arachide                       20                               60                                           20

colza                              8                               60                                           32

tournesol                      12                               25                                           63

maïs                             13                               30                                           57

soja                             15                               25                                           60

noix                             10                               17                                           65

coprah                         86                                 7                                             2

palme                          43                               30                                           12

--------------------------------------------------------------------------------------

Huile Isio                     12                               41                                           47

(Lesieur)

Huile Equilibre              13                               27                                           60

(Fruit d’or)

 

    ANIMALES

 

beurre                          52                               23                                             2

grisse de porc              40                               43                                           10

graisse de bœuf            45                               40                                             2

graisse de mouton        45                               40                                             2

graisse d’oie                27                               55                                           11

                                   en pourcentages moyens

 

Entre les différents nutriments la répartition préconisée est la suivante :

- glucides : 55 à 60 % - lipides : 30 % -  protides : 15 %        (suivant la formule : 4-2-1).

 

Les éléments non nutritifs mais indispensables :

 

Les vitamines

Elles agissent en petites quantités et améliorent l'utilisation des nutriments. Leur carence peut être source de maladies graves.

 

L'eau

Elle représente 80 % de la masse du corps d'un nouveau-né et 60 % chez l'adulte. Elle est apportée par les boissons et les aliments.

Le besoin en eau est estimé à 1 ml par calorie de la ration, soit 2 à 2,5 litres d'eau pour une ration de 2 500 Calories.

Un litre environ étant apporté par les aliments, le complément - soit 1 à 1,5 litre - doit l'être par la boisson (boisson qui sera prise autant que possible à distance des repas pour favoriser la digestion intra-gastrique).

 

En ce qui concerne les eaux commercialisées, on distingue, suivant leur minéralisation :

- des eaux faiblement minéralisées (de 100 à 500 mg/l) : Volvic, Evian, Perrier... qui conviennent à tous ;

- des eaux moyennement minéralisées (de 1000 à 3000 mg/l) : Badoit, Contrexéville, Vittel…;

- des eaux fortement minéralisées (plus de 3000 mg/l) : Vichy-Célestins, Vichy-SaintYorre...).

 

Suivant la réglementation, une eau est dite « potable » quand sa minéralisation ne dépasse pas 1500 mg/l et que chacun de ses composants ne dépasse pas les teneurs maximales fixées.

 

Il convient en général d'utiliser l'eau du robinet ou l'eau peu minéralisée (Evian, Volvic...), les eaux plus minéralisées ayant des indications médicales particulières.

 

Les sels minéraux : sodium, potassium, calcium, iode, phosphore, magnésium, fer... et les oligo-éléments sont largement fournis par une alimentation variée.

A noter que l'apport de sel (sodium) doit être limité pour prévenir l'hypertension artérielle.

 

Les éléments non nutritifs mais très utiles : les fibres alimentaires.

 

Ce sont des substances végétales qui ne sont pas digérées par les enzymes digestives de l'homme (c'est-à-dire qu'elles n'apportent pas d'énergie, pas de calories : ce ne sont pas des nutriments ).

Il en existe deux classes :

 

- insolubles : la cellulose, l'hémicellulose et la lignine.

. elles possèdent une grande capacité à retenir l'eau (effet éponge) ;

. elles se trouvent essentiellement dans les céréales : son de blé, pain au son, pain complet, haricots secs, pois cassés, lentilles et les fruits tels que les amandes, les figues...

 

- solubles : la pectine, les gommes, les mucilages et les alginates.

. elles prennent la consistance de gel et absorbent beaucoup d'eau,

. elles gonflent dans l'estomac. De ce fait les aliments longtemps retenus procurent une impression de satiété et, d'autre part, le sucre passant moins rapidement dans le sang, la glycémie est plus étalée dans le temps et la sécrétion d'insuline est moindre. Parallèlement, elles abaissent le taux de cholestérol et des triglycérides du sang et la fraction athérogène néfaste est, dans chaque cas, abaissée.

Dans une perspective de prévention vasculaire, la consommation de fibres est donc recommandée chez tous les individus.

Il est conseillé d'absorber de 35 à 45 g. de fibres par jour (alors que les Français n'en consomment en moyenne que 17g). On les trouve dans les produits suivants :

 

                        Produits céréaliers            Légumes secs            Fruits secs

 

son                              40g                  haricots            25g                  noix de coco    24g

pain intégral                 13g                  pois cassés       23g                  figues               18g

farine complète                9g                 lentilles             12g                  abricots            18g

riz complet                     5g                  pois chiches       2g                  raisins secs         7g

riz blanc                         1g                                                                 dattes                 9g

pain blanc                      1g                                                                 cacahuètes         8g

 

 

Légumes verts                                                  Fruits frais

 

petits pois cuits  12g     chou                4g                                pomme, prune  12g

persil                   9g     radis                3g                                figues               12g

épinards cuits      7g     champignons    2,5 g                            framboise           8g

mâche                 5g     carottes            2g                                poire avec peau 3g

artichaut              4g     laitue                2g                                fraise                  2g

poireaux              4g                                                                pêche                 2g                             

                                                                                   en pourcentages moyens

 

Les antioxydants

 

Ces substances ont la propriété de réduire dans l'organisme l'oxydation de molécules biologiques essentielles, phénomène qui produit des substances nocives appelées « radicaux libres ». Ce phénomène fâcheux (comparable d'une certaine manière à l'oxydation du fer qui engendre la rouille) intervient particulièrement dans le processus d'athérosclérose (ainsi que dans les cancers, le vieillissement...). Il relève surtout de l'action des graisses alimentaires et du tabac.

 

Les produits antioxydants actuellement connus sont représentés notamment par :

- la vitamine E dont les sources alimentaires sont l'huile de soja (140 mg/100g), l'huile d'olive (10 à 20mg/100g), les germes de céréales (14 à 16mg/100g), le chou... ;

- la vitamine C que l'on trouve dans le pamplemousse, l'orange, le citron (40 à 50mg/100g), les épinards (90mg/100g), le chou (30 à 90 mg/100g) ;

- le bêta carotène (forme de vitamine A) qui est présent dans la carotte crue, le cresson, la laitue, le chou, les épinards (3 à 12mg/100g)... ;

- le lycopène qui est présent dans la tomate ;

- les flavonoïdes que l'on trouve dans le thé, le raisin, les brocolis, les choux, les oignons, les pommes, les abricots... ;

- le zinc et le sélénium.

 

 

LES BOISSONS ALCOOLIQUES et leur action sur les artères

 

D'après un certain nombre d'études, la consommation quotidienne d'une petite quantité de boisson alcoolique (de l'ordre, par exemple, de 1 à 2 verres de vin par jour au maximum) est susceptible d'avoir une action préventive sur la formation des plaques d'athérome et donc de réduire le risque vasculaire.

 

Du fait de ce rôle potentiellement bénéfique sur le système artériel, certains médecins - en France particulièrement - se sont crus autorisés depuis quelques années à préconiser une certaine consommation alcoolique.

 

Cette recommandation « médicale » de boire quotidiennement une certaine dose d'alcool est tout à fait malheureuse : elle résulte d'une vue très partielle du problème de santé en jeu...

Il faut savoir qu'en 1994 l'Organisation Mondiale de la Santé s'est élevée avec force contre la recommandation en question et contre tous les propos qui laissent croire qu'une consommation limitée d'alcool pourrait être bonne pour la santé. Pour l'O.M.S., la donnée qui s'impose sur ce sujet d'importance est celle-ci : « il n'existe aucun seuil minimum de consommation au-dessous duquel on pourrait boire de l'alcool sans risque ». En même temps, elle a renouvelé sa sévère mise en garde vis-à-vis contre « l'absorption modérée de boisson alcoolique », attitude rétrograde qui, dans notre pays particulièrement, est encore souvent considérée comme « normale ».

 

Il ne faut pas oublier, en effet, que l'alcool est avant tout un produit toxique pour le système nerveux. Cette toxicité de puissance « moyenne ». porte particulièrement sur le système nerveux central (le système neuro-végétatif est moins perturbé). Même à doses assez réduites (si ces doses sont prises de façon habituelle comme préconisé pour réduire le risque artériel), l'alcool est capable, par son action anesthésique, d'affecter de façon insidieuse les facultés nerveuses et mentales.

 

Quand elle n'est pas anodine (car, bien entendu, elle peut l'être lorsque les doses absorbées sont minimes et exceptionnelles), l'action de l'alcool sur le système nerveux est toujours une action néfaste.

 

Bref, tout individu doit considérer que la bonne santé de ses artères, pour précieuse qu'elle soit, l'est moins que la bonne santé de son système nerveux, priorité des priorités. Une action de l'alcool, éventuellement bénéfique sur les vaisseaux, ne saurait justifier une action potentiellement néfaste sur le système nerveux, d'autant plus, comme nous le verrons plus loin, que les produits alimentaires dépourvus de toute toxicité et les moyens de protection ne manquent pas pour prévenir le risque artériel.

 

L'utilisation d'une boisson alcoolique a, en fait, une seule justification : le plaisir d'ordre gustatif que peut procurer un produit de qualité. Un adulte sain peut l'apprécier, voire le « cultiver », à condition qu'il soit étroitement contrôlé à partir des connaissances acquises en matière de toxicité.

 

Dans cette perspective, il reste que les boissons alcooliques doivent être exclues totalement chez :

- les enfants et adolescents (sur les organismes en croissance l'alcool revêt une toxicité particulière) ;

- les femmes enceintes ou allaitantes (pour la même raison) ;

- les sportifs et tous ceux qui, dans la vie courante, recherchent une performance maximale ;

- les malades alcoolo-dépendants...

 

Il convient toujours d'avoir particulièrement présentes à l'esprit quelques notions simples très souvent ignorées :

 

- Une boisson alcoolique titrant 12° contient 12 % de son volume en alcool pur. Un litre de cette boisson contient ainsi 96 grammes d'alcool (à 100°) ; un verre ordinaire environ 15 grammes.

 

- L'alcoolémie chez un adulte ne doit jamais dépasser 0,20 g/l. Cette alcoolémie, dite parfois « de sécurité » (par référence à la conduite automobile) résulte approximativement de l'absorption d'un verre de vin à 12° par un homme adulte au cours d'un repas... En dehors d'un repas, la même quantité de vin entraînerait une alcoolémie de 0,30. Cette dernière utilisation comporte donc toujours un certain risque.

 

- Toute consommation habituelle d'alcool (comme celle de tout produit toxique) entraîne obligatoirement le phénomène redoutable de l' « accoutumance » (encore appelée « mithridatisation »), phénomène qui supprime les réactions normales de défense de l'organisme et va de pair avec une perturbation ou un affaiblissement occulte de certaines fonctions cérébrales. La toxicité d'une substance est, en effet, fonction de deux facteurs : la dose absorbée et le rythme d'absorption. C'est dire qu'une boisson alcoolique telle que le vin ne peut être qu'une boisson d'exception.

 

 …………………………………………….. pour revenir au sommaire cliquez ici

 

 

V - LA PRÉVENTION DU RISQUE ARTÉRIEL

 

 

Au vu des données examinées précédemment cette prévention repose sur plusieurs recommandations :

 

1) NE PAS FUMER

 

C'est la précaution fondamentale.

A propos du sevrage il faut savoir que :

- l'utilisation de médicaments est très peu efficace ;

- la méthode la plus intéressante consiste à adopter certains principes et règles logiques.

 

Les principes essentiels sont les suivants :

- acquérir quelques connaissances sérieuses sur le tabagisme et comprendre notamment -  notion souvent négligée - qu'il comporte deux phénomènes distincts : d'une part une intoxication (phénomène relativement accessoire dans la perspective du sevrage), d'autre part un ensemble de réflexes acquis et contraignants (phénomène essentiel dans cette même perspective) ;

- envisager un sevrage total d'emblée et non progressif ;

- trouver une activité compensatrice du double syndrome de frustration qui se manifeste obligatoirement avec la suppression de l'habitude de fumer ;

- choisir le moment adéquat pour commencer le sevrage ;

- améliorer l'hygiène de vie (hygiène corporelle, activité, alimentation, loisirs...) ;

- prévoir un certain nombre de difficultés inhérentes au sevrage.

 

..... toutes données sur lesquelles il y a lieu de bien réfléchir avant de commencer un sevrage.

 

2) PRÊTER ATTENTION À SON ALIMENTATION

 

Les principales recommandations sont les suivantes :

- la réduction globale des apports (par rapport à la pratique courante dans nos pays)

. cette réduction doit concerner particulièrement les matières grasses (surtout les matières grasses d'origine animale, à l'exception de celles des poissons),

. elle suppose que l'on se méfie particulièrement des calories cachées qui se trouvent notamment dans les fromages, les viandes, les charcuteries, les desserts, les plats industriels, les plats en sauces... ainsi que dans les « en-cas » (barres chocolatées, pâtisseries, boissons sucrées...) qui sont souvent très riches ;

 

- l'utilisation privilégiée des hydrates de carbone dont le passage dans le sang s'effectue lentement  ; parmi eux, les pâtes et les féculents ne doivent pas être négligés (les protides qu'ils contiennent, à l'inverse des protides animaux, ne sont accompagnés que d'une quantité très faible de lipides, lesquels, par ailleurs, sont en général insaturés) ;

 

- une alimentation riche en fibres (fruits et légumes...) ;

 

- une alimentation peu salée ;

 

- chez les personnes âgées, éventuellement un supplément en certaines substances douées de propriétés « antioxydantes » ;

 

- une consommation de 1 à 1,5 litre d'eau par jour. Il peut s'agir d'eau pure ou d'eau éventuellement agrémentée - mais en évitant certains produits, notamment le sucre et la réglisse (qui peut être un facteur direct d'hypertension).

 

Il convient aussi de structurer ses repas :

- prendre un repas du matin suffisamment copieux, équilibré et varié ;

- réduire le repas de midi (tel qu'il est pris en France habituellement) ;

- prendre éventuellement un goûter. L'augmentation du nombre des repas en réduisant l'apport de chacun (notamment celui du soir) jointe à une meilleure répartition calorique est, en effet, un principe favorable ;

- éviter de « sauter » des repas ;

- manger autour d'une table, si possible de manière conviviale et à des heures données ;

- éviter le grignotage entre les repas car il est généralement à base de sucre (transformé et stocké en graisse sous l'influence de l'insuline) ;

- manger de tout de façon raisonnable afin de garder une vie sociale de qualité où les repas restent un plaisir.

 

Dans une perspective pondérale il convient enfin de se souvenir que les nutriments ne sont pas « égaux » :

- les glucides et protides apportent 4 Cal/gr et les lipides apportent 9 Cal/gr. ;

C'est dire, par exemple, que dans une cuillerée à soupe d'huile il y a 10 à 12 gr. de lipides (soit l'équivalent de 7 à 8 yaourts « normaux ») ;

- les lipides nécessitent aussi moins d'énergie pour être absorbés ; le « ticket d'entrée » est variable suivant les nutriments : 25 % pour les protides, 10 % pour les glucides, 3 % seulement pour les lipides ; ainsi, à apport calorique égal, les lipides font plus grossir que les autres nutriments ;

- enfin le cerveau « comptabilise » très mal les lipides car le « gras », contrairement au «sucré », n' a pas ou presque pas de goût ; la quantité absorbée est ainsi très mal appréciée.

 

 

3) LES MODES DE CUISSON ET DE PRÉPARATION DES ALIMENTS ONT UNE IMPORTANCE PARTICULIÈRE

 

Différentes techniques usuelles de transformation et de préparation des aliments, techniques où la cuisson s'effectue à haute température, peuvent avoir un impact défavorable sur la santé. Les grillades et les fritures notamment (qui sont volontiers recherchées pour leurs propriétés gustatives) contiennent des substances cancérogènes (notamment pour l'intestin et le pancréas...), mais aussi des substances toxiques (radicaux libres en particulier) intervenant dans le processus de l'athérosclérose qui nous intéresse particulièrement ici.

Pour chaque type de matières grasses, il existe une température spécifique, au-delà de laquelle se forment des produits toxiques.

 

Un certain nombre de recommandations découlent de ces données :

- utiliser un matériel à revêtement anti-adhésif (poêle, cocotte, autocuiseur...) qui permet de cuisiner avec peu ou pas de matières grasses ;

- pour la cuisson au four :

            . protéger les aliments avec du papier d'aluminium (cuisson en papillotte...),

            . ajouter un corps gras est inutile (pour un rôti, huiler légèrement la surface avec un pinceau, pour une volaille ou un poisson gras la graisse de constitution suffit) ;

- éviter le gril (type barbecue) où les aliments sont en contact avec la fumée et dont la graisse tombe sur le foyer - préférer les grils verticaux ;

- éviter la consommation de viande trop cuite (à plus forte raison carbonisée) et de son jus de cuisson.

 

Il convient, en somme, d'envisager une cuisson « douce » des aliments, en privilégiant certains modes de cuisson : au bain-marie, à l'eau, à la vapeur, à l'étouffée, au four à micro-ondes où la température est de 100 à 130°.

 

Quant aux modes de préparation proprement dits, ils ont bien entendu une très grande importance dans une perspective nutritionnelle stricte.

Voici à titre d'exemple la valeur nutritive moyenne de 100 g. de pommes de terre :

- à la vapeur : 85 Cal. ;

- en purée maison : 120 Cal. ;

- en gratin dauphinois : 150 Cal. ;

- en pommes « dauphine » : 265 Cal. ;

- en frites : 280 Cal. ;

- en chips : 550 Cal.

C'est dire que de très importants progrès peuvent être faits en matière de préparation des aliments. Concilier plaisir et qualité gustative suppose réflexion, innovation, imagination pour que soient modifiées ou abandonnées des habitudes ancestrales fâcheuses.

 

 

4) UNE ACTIVITÉ PHYSIQUE RÉGULIÈRE

 

Elle est hautement favorable sur tout le système artériel en améliorant son fonctionnement :

- elle abaisse la tension et réduit les triglycérides du sang ;

- elle contribue à la conservation d'un poids satisfaisant en absorbant une énergie alimentaire souvent superflue et en améliorant le rapport masse maigre-masse grasse qui se détériore volontiers avec l'âge.

 

Toutefois, contrairement à une opinion assez répandue, il ne faut pas trop miser sur cette activité, dans la perspective d'une perte de poids :

            - il faut savoir qu'un kilo de graisse représente 7 730 Calories ; cette réserve d'énergie équivaut donc sensiblement à la quantité de nourriture suffisante à un homme pour 3 jours (en comptant 2 500 Calories par jour) ;

            . or, pour dépenser 120 Cal. un homme de 70 kgs doit parcourir approximativement : 1km600 en courant, 2km600 en marchant, 4km600 en vélo ;

. c'est dire que pour dépenser 7 730 Calories, ou perdre un kilo, cet homme doit courir pendant 10 à 15 heures, marcher pendant 25 à 30 heures ou pédaler en vélo pendant 10 à 15 heures.

(dans un marathon, soit 42km, chez un sujet de 70 kgs, la perte de poids en graisse n'est que de 200 à 300 gr. L'élément qui chute surtout, c'est l'eau).

 

Cette activité, pour être bénéfique, doit aussi être régulière, car :

- une semaine d'inactivité réduit à néant le supplément (de 10 à 15 %) de force musculaire qui a pu être acquis par un entraînement de trois fois une heure par semaine, pendant 3 à 4 semaines ;

- une immobilité de trois jours fait perdre 20 % de sa force : les muscles inactifs s'atrophient très vite.

 

Cette activité est surtout nécessaire ou utile à ceux dont l'activité professionnelle ou habituelle est très sédentaire. Son intensité doit, bien entendu, être adaptée à l'âge et aux antécédents de la personne.

Fait notable, la capacité d'amélioration par l'entraînement des différents systèmes de l'organisme se maintient au moins jusqu'à 70 ans (les progrès sont seulement plus lents chez les personnes âgées).

 

5) LA GESTION DU STRESS ET DE LA FATIGUE

 

Le stress est une notion récente... devenue à la mode. Et, avec la mode, cette notion s'est compliquée de façon tout à fait artificielle.

Il faut savoir en pratique que la gestion du stress passe d'abord et avant tout par la maîtrise de la fatigue, notion simple et fondamentale.

 

Par ce terme de fatigue on désigne deux notions conjointes et indissolublement liées :

- une sensation désagréable (« je me sens fatigué », « j'accuse une certaine souffrance »...) qui est le témoin du second élément,

- un certain dysfonctionnement de l'organisme, qui peut être reconnu ou non reconnu par le sujet, transitoire ou permanent.

 

On considère qu’il y a schématiquement 3 sortes de fatigue :

- celle qui relève d'une maladie mentale : « dépression », névrose...;

- celle qui relève d'une maladie organique ;

- celle de la vie courante, activité habituelle familiale, professionnelle, sportive...

 

Cette dernière qui peut être qualifiée de « normale » et qui seule nous intéresse ici,  peut être schématiquement de deux types :

- une fatigue psychique qui se traduit notamment par le bâillement, l'envie de dormir, l'envie « de ne rien faire »...

- une fatigue musculaire qui se manifeste particulièrement dans les membres par une certaine pesanteur, une gêne, une tension, une douleur ...

 

Il faut considérer que cette fatigue « normale » est avant tout un signe à percevoir et dont il faut tenir compte sous peine de risque.

 

Après quelques heures d'une activité quelconque, il est « normal » qu'une certaine sensation de fatigue soit présente et ressentie. Réciproquement, il est fâcheux et regrettable de ne pas la percevoir. Car la fatigue est d'abord un signe que la nature a mis à notre disposition pour nous indiquer que notre organisme « souffre ». La fatigue est à l'activité, ce qu'est, par exemple, la douleur à la peau soumise à une certaine « agression » par la chaleur, le froid, la piqûre : elle représente pour l'organisme un avertisseur, un « feu rouge » à respecter. C'est un moyen de défense essentiel.

 

Or, cette perception suppose une intégrité du système nerveux.

 

Le vieillissement détériore lentement le système neuro-psychique et réduit ses capacités mais, en pratique courante, les altérations de ce système délicat et fragile sont le plus souvent le fait d'un mode de vie trop agressif où la responsabilité des individus est plus ou moins engagée.

 

Les facteurs d'agression en cause sont multiples et propres à chacun et il ne saurait être question ici de les passer en revue. Mais, parmi les « situations » particulièrement fatigantes et/ou stressantes, citons néanmoins :

 

- certaines activités professionnelles

Dans les sociétés « évoluées » comme la nôtre, ce ne sont pas celles qui demandent un gros travail musculaire (elles sont d'ailleurs de moins en moins nombreuses) ou celles qui sont liées aux responsabilités, comme on l'a pensé pendant longtemps, mais celles qui :

            -  ne comportent qu'une dépense énergétique et musculaire réduite,

            - nécessitent une vigilance de tous les instants ;

            - sont inintéressantes, du fait de la répétition de gestes simples (comme dans le travail à la chaîne) ;

            - comportent une excitation psychique incessante du fait de l'individu lui-même ou de l'environnement.

 

- l'inactivité (des chômeurs, des retraités...) et l'insécurité de l'emploi facteurs d'angoisse chronique ;

 

- l'utilisation de produits psychotropes

En France, où la consommation est considérable puisque elle dépasse celle de tous les autres pays, il s'agit d'un véritable fléau social. Les produits les plus souvent impliqués sont :

. les tranquillisants (qui « tranquillisent » et qui suppriment l'angoisse normale inhérente à la condition humaine),

. les somnifères (qui en procurant un sommeil artificiel engendrent une insomnie chronique),

. les boissons alcooliques (qui entraînent un certain degré d'anesthésie),

. les produits qui dopent... ou qui excitent…

 

Tous ces produits perturbent le fonctionnement du système nerveux. Certains d'entre eux camouflent, réduisent ou suppriment la sensation de fatigue qui normalement doit être présente pour inviter le sujet à se reposer et à réparer « sa machine » avant que ne se constituent des dégâts occultes irréversibles. Les autres rendent les sujets de moins en moins aptes à faire face aux inévitables situations pénibles de la vie.

 

Certes, tout individu a de grandes capacités d'adaptation et il ne doit pas s'en priver. Les limites de son action et de ses capacités se repoussent notablement par l'activité et par l'entraînement... Il en est ainsi du seuil de la fatigue et du stress, mais on doit néanmoins se souvenir qu'il y a des données « moyennes » dont il ne faut pas trop s'éloigner.

 

En conclusion, gérer le stress et la fatigue suppose avant tout de s'organiser dans la vie de tous les jours, d'aménager au mieux le temps consacré aux activités diverses, d'éviter les grands toxiques « sociaux », de savoir s'accorder « un plaisir quotidien » et de ne pas oublier, outre le sommeil nocturne, le temps consacré dans le cours de la journée au repos, à la relaxation, voire à la sieste, bref à la récupération ...

 

6) LA MISE EN GARDE CONTRE CERTAINS PRODUITS :

 

- tous ceux qui modifient les facultés nerveuses : les médicaments psychotropes, les boissons contenant de l'alcool, le café (dont la consommation réduite, comme celle du vin notamment, ne se justifie que par des raisons esthétiques (à savoir le plaisir d'ordre gustatif que cette boisson est susceptible d'apporter) et non pour réduire la sensation de fatigue... ;

- la pilule contraceptive.

 

7) L'UTILISATION ÉVENTUELLE DE CERTAINS MÉDICAMENTS

L'aspirine, même à faible dose, est un médicament actif dans le domaine vasculaire. Dans une perspective de prévention primaire (prévention systématique en dehors de tout risque particulier), une prise de l'ordre de 50 mg peut ainsi être recommandée dans de nombreux cas.

D'autres médicaments : hypo-lipidémiants, hypotenseurs.... trouvent aussi des indications fréquentes. Un vaccin est actuellement en expérimentation. De toutes façons ces produits médicamenteux ne doivent être utilisés qu’en complément du régime alimentaire qui reste l’élément primordial du traitement. On peut ajouter que le jeûne régulier (tel qu’il est pratiqué dans certaines communautés religieuses) semble avoir un rôle préventif.   

 

 …………………………………………….. pour revenir au sommaire cliquez ici

 

 

 

VI -  LE DÉPISTAGE ET LA SURVEILLANCE

DES ATTEINTES ARTÉRIELLES

 

Ils sont basés sur l'examen

- des artères ;

- du poids ;

- de certains constituants du sang.

 

1) L'examen des artères

 

Il s'effectue d'abord par la prise de la tension artérielle.

Cette technique simple doit être mise en oeuvre de façon courante. Actuellement, avec les auto-tensiomètres commercialisés, elle est à la portée de tous.

Compte tenu des données actuelles, la surveillance de la T.A. doit s'exercer dès l'enfance (selon l'O.M.S. 3 % des enfants de 3 ans ont déjà une hypertension à cet âge précoce), puis tout au long de la vie, particulièrement dans certaines circonstances (grossesse, contraception orale...).

 

Des techniques plus complexes peuvent être utilisées pour mieux préciser l'atteinte des artères. Ce sont notamment :

- le Doppler (technique qui permet d'apprécier la vitesse du courant sanguin : plus cette vitesse est grande, plus l'artère est rigide) ;

- l'échographie (qui, à l'aide d'ultrasons, permet de visualiser les calcifications artérielles et l'épaississement des parois de certaines artères) ;

- l'I.R.M. ;

- la tomographie ultra-rapide, technique de pointe, pour la détection des calcifications des artères coronaires ;

- l'artériographie (technique qui permet, en injectant dans une artère un produit opaque aux rayons X, d'en apprécier le trajet et le calibre ; elle est cependant de moins en moins utilisée).

 

On peut actuellement, avec ces moyens perfectionnés (et qui se perfectionnent sans cesse),  déceler la présence des plaques à l'intérieur des vaisseaux à un stade où le sujet ne ressent encore aucun trouble. Un traitement précoce peut alors être mis en œuvre avec le maximum d'efficacité.

 

2) La prise régulière du poids

 

Se peser à des intervalles assez rapprochés permet de s’apercevoir d’une augmentation éventuelle de poids peu importante et donc de pouvoir, sans trop d’efforts, la réduire par un régime alimentaire adapté pendant quelques jours.

 

Il faut savoir que :

- l'obésité reste une affection chronique dont le traitement est toujours difficile ; au bout de 10 ans, 60 à 80 % des patients traités sont toujours obèses ou le sont redevenus ; à noter que seule la « vraie » obésité, celle qui réunit le surpoids et des indicateurs de risques, doit être traitée avec discernement car les risques du traitement ne sont jamais négligeables ;

- l'obésité infantile est de plus en plus préoccupante dans beaucoup de pays et elle conditionne, bien entendu, celle des adultes ;

- la prise de poids, presque inéluctable avec l'âge, reste un phénomène fâcheux qu'il convient autant que possible de prévenir.

 

Toutefois, il convient de :

- ne pas se fixer un objectif trop strict : le poids idéal n'existe pas ou plutôt chaque individu a son poids idéal ; ce poids, c'est d'abord celui où l'« on se sent bien » dans sa tête et dans son corps ;

 

- éviter des phases successives de perte de poids et de reprise ; en effet, après une perte de poids initiale, l'organisme s'adapte à la diminution des apports énergétiques ; la restriction n'a plus aucun effet et au moindre écart le « surplus » est stocké ; les régimes hypocaloriques (800 Calories) sont à proscrire : leur efficacité est nulle à moyen terme, voire négative ;

 

- considérer que la réduction des apports énergétiques, hautement souhaitable en cas de surpoids, ne doit signifier ni frustration d'ordre psychique, ni déséquilibre alimentaire. D'où l'importance, là encore, de l'imagination et de la réflexion pour modifier des habitudes.

 

3) L'examen du sang

 

La maladie artérielle est dépendante d'un excès :

- soit de cholestérol ;

- soit de triglycérides.

Ce sont donc les deux principaux éléments que l'on recherche dans le sang.

 

Il faut savoir toutefois que le cholestérol est indispensable à la vie et que la plus grande partie est produite par l'organisme lui-même (les 2/3 au moins). Le reste provenant de l'alimentation. C'est dire que le taux sanguin de cholestérol est relativement peu variable.

 

Le cholestérol ne circule pas seul dans le sang mais avec un transporteur. Il fait partie d'un ensemble, les lipoprotéines, qui sont de deux sortes (de haute densité : les HDL ou de basse densité : les LDL). Elles ont des actions opposées en ce qui concerne les artères : les premières sont favorables, les secondes défavorables.

 

C'est ainsi que l'on distingue schématiquement :

- le « bon » cholestérol : c'est le HDL-cholestérol ou, de façon plus récente, les lipoprotéines A1) ;

- le « mauvais » cholestérol : c'est le LDL-cholestérol ou, de façon plus récente, les lipoprotéines B).

 

Le dosage du cholestérol est recommandé à partir de 20 ans jusqu'à 70 ans.

Toutes les études épidémiologiques montrent que les mesures hygiéno-diététiques dont on vient de parler sont particulièrement efficaces. Elles entraînent une diminution des complications cardiaques et cérébrales, que ces complications représentent un premier accident ou une récidive.

 

(Il faut noter aussi que la plupart de ces mesures sont les mêmes que celles qui sont recommandées dans la prévention des cancers).

 

…………………………………………….. pour revenir au sommaire cliquez ici

 

 

CONCLUSION

 

Malgré les très importants progrès thérapeutiques réalisés depuis une vingtaine d'années, les maladies cérébro et cardio-vasculaires représentent, en France comme dans d'autres pays, la première cause de mortalité chez les femmes, la seconde chez les hommes.

 

 

 

 

 

Comme on a pu le voir dans les pages précédentes, nos connaissances quant aux causes évitables de ces maladies invalidantes ont également progressé de façon considérable. Ces connaissances, accessibles à tous, permettent de réduire notablement le risque en question. D'où l'importance de la prévention.

 

Par ailleurs, les mesures pratiques préconisées par le corps médical sont capables d'assurer un diagnostic précoce de l'atteinte insidieuse et sournoise du système artériel à la base de ces maladies graves : c'est le gage assuré d'un traitement simple et toujours bénéfique.

 

…………………………………………….. pour revenir au sommaire cliquez ici

 

--------------------------------------------------Dr A. Gaillard – Médecin honoraire du CHU de Nantes - juillet 2009

 

 

Sur ce sujet de "La prévention des maladies vasculaires" nous vous recommandons de consulter aussi le site de la Fédération de Cardiologie : http://www.fedecardio.com/